Last Year's Man

"The rain falls down on last year's man, 
That's a jew's harp on the table, that's a crayon in his hand. 
And the corners of the blueprint are ruined since they rolled 
Far past the stems of thumbtacks that still throw shadows on the wood. 
And the skylight is like skin for a drum I'll never mend 
And all the rain falls down Amen 
On the works of last year's man."
[...]





Qui d'autre que Léonard Cohen pourrait avoir rédigé ce texte, écrit cette mélodie lancinante, et chanter cela d'une voix gutturale pour créer une atmosphère d'ombre et de mystère ?

Le mystère est épais, en effet, et la traduction n'en est que plus difficile. Le sens étant obscur, chaque mot est supposé avoir un sens, et la traduction se doit de le respecter... au bénéfice du doute !

J'ai donc longtemps reporté à plus tard la traduction de ce texte, et j'ai dû accepter d'appauvrir la rime pour respecter le mot. A vous de juger (ou à l'auteur, s'il daignait se pencher sur mon modeste ouvrage) !


L’homme de l’an passé

Il pleut sur l’homme de l’an passé.
C’est une harpe juive sur la table, c’est un crayon dans ses doigts,
Et les esquisses sont écornées tant elles se sont enroulées
Bien au-delà des épingles dont l’ombre s’étend sur le bois,
Et le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé.


J’ai vu une dame ; elle jouait dans l’ombre avec ses soldats.
Oh ! Un par un elle devait leur dire que son nom était Jeanne d’Arc

J’étais dans cette armée ; oui, quelque temps j’y suis resté
Je veux te remercier, Jeanne d’Arc, de m’avoir bien traité.

Mais bien que portant l’uniforme, je n’suis pas né pour la guerre ;
Tous ces blessés gisent à tes côtés ; bonsoir, amis, bonsoir.


J’ai rencontré des noces que de vieilles familles avaient conviées
Bethléhem était l’époux, Babylone la mariée.
Grande Babylone était là, tremblante pour moi, elle était nue
Et Bethléhem nous embrasa comme à une orgie l’ingénu.

Qand nous nous sommes affalés, nos chairs formaient un voile que
J’ai dû écarter pour trouver le serpent mordant sa queue.

Certaines femmes attendent Jésus, et d’autres attendent Caïn
Et sur l’autel, à nouveau, j’ai brandi ma hache en main
Je prends celui qui me retrouve au début de l’essentiel
Quand Caïn était juste l’homme et Jésus la lune de miel, 
Et nous lisons dans de belles Bibles, réliées de sang et peau
Que le désert veut rassembler ses enfants à nouveau.

Il pleut sur l’homme de l’an passé
Une heure est passée, sa main n’a pas avancé,
Pourtant tout peut arriver si seulement il donne le nom ;
Les amants surgiront, les montagnes s’aplaniront,
Mais le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé

(Traduction : Polyphrène)
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